# 15 – dimanche 15 février 2015

livres fantastiques

En avoir marre

Une fois n’est pas coutume, je citerai Michel Houellebecq en début de ce post. C’est un passage extrait de son essai consacré à H.P. Lovecraft. Voici donc :

« Quand on aime la vie, on ne lit pas. On ne va guère au cinéma non plus, d’ailleurs. Quoi qu’on en dise, l’accès à l’univers artistique est plus ou moins réservé à ceux qui en ont un peu marre. »

Ces phrases, donc, pour expliquer pourquoi le blog n’a pas été tenu à jour depuis ces derniers mois. J’ai mis longtemps à me rendre compte pourquoi la plupart des livres que j’ouvrais me tombait des mains. Je suis de plus en plus lassé du prétendu réalisme, des descriptions de l’époque, de ces livres plein de détails, d’analyse sociologisantes, de discours sur telle ou telle génération, prétendument moderne, prétendument différente des précédentes. Lassé de toutes les « visions au vitriol de notre société », de ces écrivains « capables de croquer nos contemporains », lassés d’avoir autant de choses et si peu d’âme. Alors, comme souvent, le seul moyen est de retourner à ses premières amours, et pour moi, c’est le fantastique. Dans ma cure, je vous conseille notamment Les Chants du cauchemar et de la nuit, de Thomas Ligotti, récemment édité par les éditions Dystopia Workshop (traduit par Anne-Sylvie Homassel), Le Roi en jaune, de Robert W. Chambers, publié dans une belle édition par Le Livre de poche (traduit par Christophe Thill), ainsi que deux essais, Puppet. An Essay on Uncanny Life, de Kenneth Gross (The University of Chicago Press) et The Secret Life of Puppets, de Victoria Nelson (Harvard University Press), une somme d’une intelligence folle consacrée à la figure métaphysique de la marionnette. À très bientôt.

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4 commentaires

  1. « Je suis de plus en plus lassé du prétendu réalisme, des descriptions de l’époque, de ces livres plein de détails, d’analyse sociologisantes, de discours sur telle ou telle génération, prétendument moderne, prétendument différente des précédentes. Lassé de toutes les « visions au vitriol de notre société », de ces écrivains « capables de croquer nos contemporains », lassés d’avoir autant de choses et si peu d’âme. » Moi aussi. Et ça fait un bout de temps.

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  2. Lettre à L’hermite

    Bonjour ,

    j’ai visité votre blog, il y a quelques jours en creusant la « mine » de sitaudis. J’ai d’abord été heureux de ne pas me voir projeté, une fois de plus, dans un de ces trains fantômes où les auteurs de sites ont la fantaisie d’embarquer leurs clients, mais de me retrouver dans une clairière, si je puis dire, pour y lire à mon aise. Et surtout ce que j’y ai lu ne m’a pas déçu et même j’ai été surpris et presque étourdi de voir successivement apparaître, les figures de MERVYN PEAKE, et, plus encore, parce que plus secrète, celle de BRUNO SCHULTZ et des Boutiques de cannelle. À ce propos, je vous ai lu promettre un commentaire sur le Traité des Mannequins, mais je ne l’ai pas trouvé…
    Comme vous sembliez avoir quitté les lieux, je me suis inscrit pour les « alertes », afin de savoir ce qu’il en était, et je reçois donc aujourd’hui avis de votre résurrection, quoique dans des dispositions un peu particulières et agacées, ce qui est le moins, s’agissant d’un revenant !
    En tout cas je continuerai de vous lire avec plaisir.
    Sympathiquement vôtre.

    François MAURIN

    « Dans les profondeurs de la matière se dessinent des sourires imprécis, des conflits se nouent, des formes ébauchées se condensent. »
    « Nos créatures ne seront point des héros de romans en plusieurs volumes. Elles auront des rôles courts, lapidaires, des caractères sans profondeur. (…) S’il s’agit d’êtres humains, nous leur donnerons par exemple une moitié de visage, une jambe, une main, celle qui sera nécessaire pour leur rôle. (…) Par derrière, on pourrait tout simplement faire une couture, ou les peindre en blanc. »
    « Savez-vous qu’il y a dans les vieux logements des pièces dont on a oublié l’existence ? Abandonnées depuis des  mois, elles dépérissent entre leurs murs, et il arrive qu’elles se referment sur elles-mêmes, se couvrent de briques. Les portes qui y conduisent, sur le palier d’un vague escalier de service, s’enfoncent et pénètrent dans le mur, où leurs traces s’effacent, confondues dans le réseau des fissures et des fentes. »
    Bruno Schultz, Les boutiques de cannelle.

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    1. Bonjour François,

      Merci beaucoup de ce que vous me dites sur cette modeste « clairière » que j’ai laissé, ces derniers temps, à l’état de friche.
      Je ne sais pas pour le moment si l’activité reprendra bientôt ou non, il faut que l’envie soit là, néanmoins vos mots m’ont fait très plaisir.
      Bien amicalement,

      L’hermite

      Répondre

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