# 7 – 7 avril 2014

Pour saluer les éditions Verdier

J’ai déjà parlé des éditions Verdier qui, comme vous le savez peut-être si vous aviez lu à l’époque le billet que je leur consacrais, est une des maisons que je préfère, à la fois pour son exigence continue, ses goûts que je partage en grande partie, pour l’humilité avec laquelle cet éditeur fait son travail. Son travail, c’est notamment d’accompagner sur le long terme des écrivains, sans viser la rentabilité à tout prix, les laisser faire grandir leur travail et leur talent. Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Matthieu Riboulet… On ne compte plus le nombre d’écrivains qui sont arrivés chez Verdier, et que Verdier a su encourager.

Sigismund Krzyzanowski Rue involontaire

Il y a une partie de ce travail que je trouve encore plus admirable, et émouvante, et qui, en tant que lecteur, me ravit, me donne envie de les remercier. Plus que ça même, de les bénir, même si je ne suis pas religieux pour deux sous. Cette partie de leur travail, c’est la publication – acharnée, incontestable et inflexible, des oeuvres de Sigismund Krzyzanowski en France. Grâce aux éditions Verdier, vous pouvez, oui vous lecteur français, avoir la possibilité de lire Krzyzanowski, et cette possibilité n’est pas donné à tout le monde sur terre. Croyez-moi, vous êtes chanceux. Et si vous ne connaissez pas encore cet auteur, je vous envie car vous avez la possibilité d’ouvrir un de ses livres pour la première fois, et d’être émerveillé. Krzyzanowski c’est, si l’on veut, le chainon manquant entre Kafka, Schultz, Cortazar et Borges. C’est l’absurde qui n’est jamais insensé. C’est la métaphysique qui entre par effraction dans une nouvelle qui porte sur un chapeau. C’est l’humour d’Europe centrale, la vie dans une chambre minuscule qu’on tente d’agrandir en utilisant une pommade, la superficine, qui doit s’appliquer sur les murs, et qui dilate l’espace. C’est la profondeur qui se cache derrière le sourire du lecteur, et toute la tristesse du monde qui peut vous surprendre, sans que vous vous en soyez aperçu… le texte a déjà porté sa pointe dans votre coeur.

Le dernier texte de Krzyzanowski paru à ce jour s’intitule magnifiquement Rue Involontaire. Il a paru le mois dernier. Il est court, il est peu cher, et vous pourrez le relire tous les jours de votre vie sans jamais vous lasser. Courrez chez votre libraire.

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One Comment

  1. Ça fait envie. Mais mon prochain Verdier (j’aime aussi beaucoup cette maison) sera Rien, d’Emmanuel Venet, qu’on m’a chaleureusement et personnellement recommandé.

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