Le Maréchal absolu, de Pierre Jourde – Partie 1

Voici la première partie d’une longue critique en plusieurs temps du nouveau roman de Pierre Jourde, Le Maréchal absolu, publié en septembre 2012 aux éditions Gallimard.

Rêver trop un livre

Que ce livre soit presque complètement passé inaperçu en cette "rentrée littéraire" n’a rien d’étonnant. On imagine mal les journalistes s’étant extasiés sur des livres dont l’ampleur de vue ne dépassait pas la largeur d’un trou de serrure de la taille d’un nombril, se mettre à promouvoir ou à examiner un texte qui ne se prête pas à leurs critères : foisonnant, ambitieux, presque gargantuesque tant par le fond que par la forme, ce livre est à côté de tout cela. Il se place, ou entend se placer, dans une autre catégorie. Le Maréchal absolu de Pierre Jourde, le "grand oeuvre" de son auteur comme il se plait à le rappeler dans des interviews est hors des catégories promues à longueur de rentrée littéraire chaque année : fruit d’un travail de plus de quinze ans, il impressionne par sa taille, l’amplitude de son objet (raconter, par le biais d’un personnage-type, les spécificités des dictatures et condenser ainsi cinquante ans d’Histoire post-coloniale). Autant dire que ce roman a tout pour séduire un lecteur qui, comme moi, apprécie les grands romans, les défis littéraires. À peine annoncé le programme de septembre sur le site de Gallimard, je m’étais réjoui d’avance de lire ce nouveau roman.

Or, et c’est une chose à retenir : il n’est jamais très bon de trop rêver à un roman que l’on va lire. On vous donne le titre, un petit résumé et l’auteur, et, en prenant appui sur ces trois petits jalons, vous construisez des cathédrales, les édifices parfaits de vos littératures. Dans votre esprit, le livre hypothétique se dessine, encore flou certes, sans son écriture, mais le sentiment de grandeur que vous attendez de lui vous habite déjà. Ce n’est pas très compliqué, il suffit juste d’un peu d’imagination. Ce n’est même pas conscient, c’est l’imagination qui travaille déjà en vous. Et, sans que vous le sachiez souvent, avant même d’ouvrir le livre, vous cherchez à trouver (devrait-on dire, à retrouver ?) l’émotion qui s’était jouée en vous alors que vous attendiez encore de posséder le livre. Quand vous rêviez encore à ce qu’il pourrait être. Dans le cas du Maréchal absolu, ce nouveau livre de Pierre Jourde qui n’avait pas publié de roman depuis Paradis noirs, force est de constater que j’avais tellement rêvé à son contenu que la barre était d’emblée placée haut. Beaucoup trop haut, il faut le croire.

Bien que le livre n’ait pas eu le répondant critique escompté par l’auteur, il a eu quelques articles dans la presse et sur Internet. Tous, qu’ils le veuillent ou non, emploient un vocabulaire, des tournures de phrases, bref : une approche et une réception qui se placent consciemment ou non dans une phraséologie du chef d’oeuvre, on pourrait même dire, du livre "monstre" (pour reprendre une expression qui a donné son titre à un essai de Jourde publié chez L’Esprit des péninsules, Littérature Monstre). Livre-monstre par son ambition, livre-monstre par son protagoniste. Je n’ai pas dérogé à la règle dans l’introduction de mon article, mais cela uniquement pour m’en défaire par la suite et mesurer ainsi la nature de la déception ressentie à la lecture du livre. Le Maréchal absolu n’est pas ce livre monstre que j’attendais, n’est pas l’oeuvre totale que l’on m’avait annoncée, que se soit Éric Chevillard (dans un billet de son blog "L’autofictif" consultable ici) ou d’autres.

La réalité du roman

Que l’on soit bien clair sur la nature des critiques que j’ai à adresser au Maréchal absolu. Mon article (et on le comprendra assez vite) n’a pas pour vocation de dire que Le Maréchal absolu est un mauvais livre, loin de là. Seulement, à bien des égards, il me semble qu’il rate sa cible, qu’il se perd.

Du trop d’explications en littérature

L’imposante masse verbale de ce roman se décompose en quatre parties. Chacune des parties est prise en charge par (au moins) un personnage qui s’adresse à un autre : la vocation orale du texte est tout à fait perceptible, que ce soit dans la manière de raconter les événements que dans les divers registres de langue que Pierre Jourde emploie pour la rendre palpable. La complexité de l’écriture de ce roman est sensible : les parties sont structurées de telle sorte que plusieurs principes président à leur organisation. Qu’on choisisse de suivre un ordre chronologique où chaque partie s’attarde sur un aspect de l’évolution d’une dictature post-coloniale, ou un autre plus strictement littéraire dans lequel les parties se répondent en miroirs, ou bien entretiennent un subtil rapport de lacunes et d’éclaircissements, force est de constater que l’auteur a joué de toutes les ressources que pouvait lui permettre l’art du roman, faisant de son Maréchal absolu un exemple parmi d’autres de ce que peut être, de nos jours, l’"archi-roman" tel que Kundera l’a évoqué dans ses essais, notamment Une rencontre.

Là où l’on peut se permettre quelques réserves (mais de taille) à l’encontre de cet ouvrage, c’est justement dans l’oralité revendiquée, et annoncée avec trop d’emphase par l’écriture de Pierre Jourde. À la lecture des deux premières parties, le lecteur perçoit très bien ce que l’auteur a voulu faire – j’emploie à dessein le verbe "vouloir" : rien n’est trop triste dans un livre que de voir de bonnes intentions flotter dans le courant d’une écriture qui ne parvient à en charrier que des ruines. La truculence rabelaisienne, l’outrance de langage (notamment par les adresses du Maréchal à son confident dans la première partie), autant d’éléments qui, à force d’être si violemment et artificiellement manifestés, peinent à s’incarner dans une véritable langue, et donnent l’impression de variations infinies sur le même thème – on en ressort agacés par une volonté comique qui ne prend pas à force d’avoir été surlignée à trop gros traits. Le tout manque terriblement d’oreille, et Pierre Jourde se met à nous hurler ce qu’il ne peut tout simplement pas nous manifester, à force d’être sourd.

Que cette langue orale pose problème à Pierre Jourde (dans les deux premières parties uniquement), qu’il soit, peut-être, trop pris par son personnage et que sa matière l’ait dépassé, c’est ce qui est à l’origine, également, d’un deuxième écueil qui vient amoindrir la force que peut avoir son texte. Nietzsche entendait philosopher à coup de marteau ; Pierre Jourde, lui, écrit à coup de cymbale, et c’est nous qui l’entendons. J’entends par là que tout est surligné dans les deux premières parties. Il n’y a pas deux pages sans qu’on ne vous dise quelque chose puis que l’on vous explique ce que vous avez à comprendre. Pierre Jourde tambourine : "Vous avez bien compris, là ? Parce que je peux vous le réexpliquer encore une fois sinon." Et il vous le réexplique. Ce qui nous donne : "je me prends à me dire qu’autrefois, il y a très longtemps, avant d’être ce Maréchal virtuel, ce très vieux tyran qui n’est guère plus qu’un mot, je fus réel" (page 57) ; "ces événements factices finissent par créer du réel, toute la réalité de ce pays est tissée dans la matière des rêves que je leur fais rêver" (page 66) ; "De sorte que presque toute l’histoire connue de la république est en réalité une fiction écrite par les Services" (page 204) ; "Il sentait qu’il devait devenir intérieurement sa fiction pour qu’elle s’impose à la réalité extérieure." (page 212). Ce n’est qu’un petit échantillon de ce que l’on peut trouver et qui vient, à échéances fixes, scander le texte. Si de telles références méta-textuelles ne sont en soi pas un problème, leur accumulation (et surtout, la redondance de leur signification) vient non seulement alourdir le texte, mais aussi ruiner tous ces beaux passages (et il y en a beaucoup), ces vrais beaux moments d’écriture dans lesquels Pierre Jourde ne se sent pas obligé de nous dire ce qu’il faut penser, mais écrit tout simplement, et nous laisse comprendre. On respire.

Je ne demande pas à un écrivain d’être intelligent. Ou plutôt : je demande à un écrivain d’être intelligent dans la composition de son oeuvre, dans les articulations, dans la façon dont il a de me faire comprendre les choses, par moi seul, comme si elles étaient évidentes, plutôt que de me les expliquer à grand renfort de panneaux signalétiques. L’écrivain qui, écrivant de la fiction, ne peut s’empêcher de me dire quel sens je dois y voir, ne veut pas me rendre intelligent avec lui. Il n’y  a pas de communication – comme un humoriste qui ferait une blague et qui ne pourrait s’empêcher, tout de suite après, de nous expliquer le principe de sa blague. On quitte le domaine de la communion et de la communauté qui auraient pu se créer pour tomber dans un numéro où l’on est sommé d’approuver. Sans ajouter que le mot même de "fiction" au sein même d’un roman sent déjà assez son professeur d’université pour ne pas nous l’asséner à longueur de pages.

Les références et l’originalité

Autre caractéristique de ce roman : les références, abondantes, qui s’inscrivent dans le texte. Dans un entretien accordé au "Salon littéraire" (et que vous pouvez lire à cette adresse), Pierre Jourde évoque les nombreuses oeuvres que l’on peut déceler dans son Maréchal absolu : entre autres, les "novelas de dictadores" ("romans de dictateurs") qui ont donné de grandes oeuvres à la littérature sud-américaine et qui sont même devenus une sorte de genre littéraire à part entière (tous les grands écrivains sud-américains ont en effet écrit leur "roman de dictateur", que ce soit Roa Bastos cité par Jourde (Yo el supremo), Vargas Llosa (La Fiesta del chivo), García Márquez (El General en su laberinto) ou Asturias (El Señor presidente). Viennent se greffer à cette influence d’autres, multiples, comme l’attestent les six épigraphes du roman : Novarina, Shakespeare, Borges.

De temps à autre, selon la culture qui est celle du lecteur, sont perceptibles, ça et là, de nombreux clins d’oeil : le nom du Maréchal, Alessandro Y peut évoquer l’Arturo Ui de Brecht ; des passages proustiens parsèment comme une légère poussière les moments d’introspection du roman ; un cachalot échoué sur une plage télescope l’histoire de Jonas et Baleine, de Paul Gadenne ; un des personnages s’appelle Sterne, etc.

On aurait tort de voir dans ces références conséquentes un motif de critique fondamental de ma part. Les références, c’est un lieu commun de le dire, ne sont pas essentiellement contraires à l’originalité d’un texte. Un texte ne saurait être un îlot séparé de toute l’Histoire de la littérature et ne surgit pas comme ça, comme une île volcanique apparaîtrait au milieu de l’océan sous l’impulsion unique de l’imagination de l’auteur. Qu’un texte soit constitué d’autres textes n’est donc pas un problème, au contraire, un livre doit bruire de tous les livres que l’auteur a lus, c’est ce qui lui donne sa profondeur et une consistance, une chair particulière.

Là où, en revanche, les références peuvent devenir, sinon une menace, du moins un écueil, du roman qu’elles nourrissent, c’est quand elles viennent cruellement révéler l’artifice de leur existence : tout prend alors un tour forcé, et le roman apparaît souvent comme un squelette supportant mal le poids de ses aïeuls. C’est que l’auteur n’a pas intégré longuement et laissé murir dans son texte les références, qui ne sont pas devenues la matière souterraine, l’humus de son oeuvre, mais des éléments qui semblent être placés là pour amuser la galerie et rendre plus consistante une matière romanesque imparfaite. C’est ainsi que les références deviennent souvent, dans le Maréchal absolu, une symbolique souvent trop évidente, trop surlignée encore, tout comme le sont les références méta-textuelles.

La fonction notamment, de l’épigraphe de Borges est révélatrice de ce problème. En prélude de son roman, Pierre Jourde cite trois vers du poème "Le Jeu d’échecs" :

"Dieu meut le joueur et le joueur la pièce.

Quel dieu, derrière Dieu, commence cette trame

De poussière et de temps, de rêves et de larmes ?"

Dans le jeu vertigineux de miroirs et de doubles-fonds auquel nous convie Pierre Jourde, il n’est pas difficile pour le lecteur de comprendre le lien qui unit cet épigraphe et Le Maréchal absolu : la réalité n’est qu’un jeu de pouvoir et des forces cachées la meuvent, qui peuvent être elles aussi mues par d’autres forces cachées, etc. Hélas ! ce que nous avions très bien compris, Pierre Jourde se sent l’obligation de nous le préciser :

"Si tu supposes qu’il faut un créateur à l’Univers, parce que tu as besoin d’une cause, alors tu dois supposer qu’il faut un créateur à Dieu. Imparable. De sorte qu’il n’y a aucun Dieu, ou une infinité de dieux et de créations imbriquées." (page 286)

On ne saurait trop remercier Pierre Jourde de nous prendre ainsi pour des imbéciles. En nous mâchant le travail de cette manière, il semble se méprendre sur la nature même de ce que c’est qu’un épigraphe. L’épigraphe est de nature ambiguë, dans la mesure où il appartient et n’appartient pas à l’oeuvre même que nous lisons. Il n’est pas écrit par l’auteur du texte, néanmoins, placé là où il est, il entretient un rapport de consubstantialité avec le texte même. Il est à la fois un "seuil" (pour reprendre l’expression éculée de Gérard Genette), et une part spectrale de l’oeuvre – tout doit être, dans l’utilisation d’un épigraphe, dans le non-dit. C’est au lecteur de faire le travail de lien entre ces deux parties. C’est avoir une idée bien pauvre des facultés de son lecteur que de croire qu’il faille toujours tout lui expliquer – de la raison qui a poussé l’auteur à choisir cet épigraphe (et qui devrait, normalement, ne pas avoir de place dans la fiction qu’il crée), aux principes qui régissent sa fiction (qui devraient être de l’ordre de la coulisse et non pas de la scène).

Pierre Jourde a en quelque sorte démissionné, en de nombreux endroits de son texte, devant l’exigence de la fiction – baissé les bras devant la tâche qui était la sienne de rendre les choses plus subtiles, plus proches du récit, plus imagées en somme. Cette démission est aisément compréhensible : qui ne le serait pas face à une telle masse verbale, face à un travail dont l’ampleur est considérable et qui lui aurait pris encore bien des mois, bien des années, pour pouvoir se réaliser ?

Pour pouvoir critiquer avec justesse un roman (et qui plus est un roman qui a demandé cette somme de travail), il nous faut, je pense, vivre l’écriture de ce roman – la manière dont elle s’est réalisée, l’intensité de ce qu’a dû vivre un auteur, ce par quoi il est passé pour pouvoir aboutir au résultat : le livre imprimé. C’est pourquoi je ne peux pas dire que Le Maréchal absolu soit un livre raté, car il ne l’est pas. C’est un livre imposant qui, comme tous les livres imposants, menace d’engloutir son auteur, et de réduire ses forces, et finalement la volonté qui était la sienne de poursuivre. À un moment, on ne peut plus.

À venir bientôt : la suite de la critique

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4 réflexions sur “Le Maréchal absolu, de Pierre Jourde – Partie 1

  1. Cher Hermite-critique,

    Humour du jour ! Le Maréchal ou l’Absolue nécessité de naître !
    (En voilà une épigraphe à coller sur le veston bariolé de la vanité humaine !)

    Votre analyse du Maréchal demeure précise, fort bien menée et l’auteur reconnaîtra qu’il a été lu avec attention et respect. Cependant, même si je n’ai pas encore franchi les Quarantièmes rugissants de Pierre Jourde, j’aime à croire qu’une nourriture roborative devrait être sagement digérée par l’ardent critique culinaire ! Plus la manducation embrassera la lenteur, plus on pourra soustraire sa force libératrice, créatrice et émotionnelle aux mets gargantuesques qui laissent une petite brûlure extatique à la commissure des lèvres. Alors, mille milliards de mille sabords, cette gestation se poursuivra, durant de longues nuits, dans le coeur du liseur ! L’accession ardue du lecteur à l’oeuvre n’entretiendrait-elle pas une relation légitime avec l’éprouvante ascension de son auteur ? Bien sûr, je ne possède pas tout l’attirail, toute l’expérience d’un alpiniste chevronné pour imaginer détenir la vérité, surtout devant l’imposante nature humaine qui est surprenante à bien des égards ! Au sujet des aspects caricaturaux du dictateur et autres redondances qui ont gêné votre découverte de l’ouvrage, je ne puis que défendre cette colossale architecture du récit. En effet, j’aime ces profusions, ces maelstroms quantiques qui vous entraînent par le fond, pour vous voir remonter à la surface, comme un bouchon de liège, avec votre bedon bombé tel un crapaud ayant abusé de la fumée de cigare ! Bien sûr, le lettré, que je ne suis pas, nage, peut-être, à contre-courant, et ses palmes, non académiques, forment un barrage contre le pacifique esprit des alpestres exégètes de la littérature. Mea Culpa ou Méhariste au pied de la dune, je ne saurais définir le sens de ma quête. Suis-je en route vers une fausse étoile du Berger, tandis que, sous le lit (non pas la lie ni l’hallali d’ailleurs !) de mon innocence, les moutons s’amusent gaillardement ? Aussi, humblement, je grimpe au grand mât ! En prenant ainsi de la hauteur, l’immense cargo, de tout à l’heure, a fait sa mue, et, sous le soleil, il ne reste plus qu’une poétique nef bercée par les vagues de l’estime…

    Bonjour chez vous et longue vie terrestre à vous, Monsieur l’Hermite-critique !

    P.-S : Voyez là qu’un délire burlesque, car j’aime le jeu et les mots et les jeux de mots et je ne tiens pas à blesser quiconque ! Je laisse cet exercice à d’autres…

    Stéphane

    http://www.stephanemeireles.com

    http://stephanemeireles.jimdo.com/idées-littérature/

    • Bonjour Pichegru,
      Si le livre me paraît à moi aussi surestimé, il n’en demeure pas moins qu’il est par certains aspects réussis – même si l’écriture m’a vraiment déçu dans les deux premières parties.
      Réussi, il me le semble notamment par la réflexion sur "l’absolu" justement, dont vous semblez vous désoler. Devenir une idée sans corps, une pure idée, est le but du Maréchal qui ne peut atteindre ce stade qu’en étant absolu, en disparaissant donc, c’est-à-dire en devenant une fiction borgesienne.
      Je compte développer ces thèmes dans la deuxième partie de ma critique à venir, qui met du temps à être écrite parce que je suis très pris en ce moment.
      Je me pencherai sur la question de l’absolu et de la fiction, et beaucoup d’autres aspects également.
      Merci de suivre le blog en tout cas,

      L’hermite

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